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Demain dans le Verdict…

Demain paraîtra une autre édition du journal étudiant Le Verdict, de la Faculté de droit de l’Université Laval. À titre de collaborateurs, je signe deux textes. Un premier qui dénonce le désir de mon association de tourner le dos à la Confédération étudiante de l’UL (CADEUL), l’autre qui dresse un survol rapide de ce que j’ai appelé la “plateforme-bilan” du PLQ.

Bonne lecture.

Désaffiliation de la CADEUL : un aveu d’échec

Une analyse virulente, vous l’excuserez

Le projet de l’exécutif de l’AED de se désaffilier de la Confédération des associations des étudiants de l’Université Laval (CADEUL) dénote un constat d’échec de la part du président de l’AED Charles Daigle et de son vice-président aux affaires externes, Nolan Bauerle. Incapables de faire passer leur message et leur agenda politique à la CADEUL, conséquence de leur absence totale de leadership, le président de l’AED et son collègue aux affaires externes en sont venus à jouer les messieurs babounes.

Ayant lamentablement échoué dans leurs relations avec la CADEUL, MM. Daigle et Bauerle désirent déchirer l’engagement datant de 1981 que l’AED, avec l’AESGUL (sciences et génie), a donné au mouvement étudiant sur le campus en fondant la CADEUL. Mais M. Daigle peut-il expliquer pourquoi la majorité des associations qui appuyaient l’indexation des frais de scolarité ont-elles été incapables de rallier la majorité des étudiants présents à l’Assemblée générale du 17 février ? Si « les gens de gauche » pro-gel ont réussi à faire passer leur option, est-ce un déni de démocratie, comme il le laisse entendre, ou plutôt la conséquence de l’immobilisme de l’AED et de ses nombreux alliés pro-indexation ?

L’AED de Charles Daigle tente clairement de se trouver par un honteux faux-fuyant un exutoire pour camoufler son immobilisme sur le campus. Ce n’est sûrement pas en dénonçant « les gens de gauche » et en menaçant de claquer la porte que l’AED se fera la porte-parole crédible « d’un mouvement de construction ».

Une proposition aux conséquences aussi absurdes qu’inutiles

Au lendemain d’une désaffiliation, les étudiant-e-s en droit ne devront pas s’attendre à voir la manne d’argent qu’ils envoient à la CADEUL aller dans les poches de l’AED. En effet, l’AED ne paie pas une cent à la CADEUL, ce qui ne les empêche pas de recevoir de nombreuses subventions, notamment pour l’initiation ou pour Avocats sans frontières.

La CADEUL se finance de deux façons. Premièrement, elle gère de nombreux services, tels le Pub universitaire ou le dépanneur du Desjardins, qui génèrent des revenus qui sont réinvestis dans d’autres services cadeuliens. La seconde source de financement est la cotisation non-obligatoire de 10 $ (dont une partie va à CHYZ et à Impact Campus)

Ainsi, tout étudiant-e peut se faire rembourser sa cotisation lors des deux premières semaines du semestre. Bon an, mal an, une quinzaine d’étudiant-e-s font ce choix, la plupart sans motivation politique, me confiait un officier de la CADEUL.

Ainsi, pour que l’AED puisse récupérer les fameux 10 000$, il faudrait que tous les étudiant-e-s en droit récupèrent leur cotisation et lui en fasse don. La prétention de l’AED concernant la possibilité pour une association étudiante de l’Université Laval de récupérer unilatéralement l’argent des cotisations versées la CADEUL est tout simplement fausse et sans fondement. D’ailleurs, si c’était si facile, comment expliquer que les étudiant-e-s de sciences politiques, désaffilié-e-s depuis plus d’un an, n’ont jamais réussi à récupérer leurs cotisations, même après des visites auprès du fonctionnaire chargé de l’application de la Loi sur le financement et l’accréditation des associations d’étudiants et d’élèves ?

Une désaffiliation n’aurait donc aucune conséquence financière pour qui que ce soit. Les étudiant-e-s en droit auraient toujours un représentant-e siégeant le Conseil d’administration de la CADEUL pour administrer l’argent qu’ils cotisent et auraient toujours droit de vote et de parole aux assemblées générales. Toutefois, l’AED perdrait son droit de vote au Caucus des associations, l’instance politique et décisionnelle intermédiaire de la CADEUL qui permet à l’AED de se faire représenter politiquement.

Au surplus, l’affirmation qui veut que l’AED puisse faire valoir elle-même ses positions politiques à l’extérieur du campus laisse sceptique. Si MM. Daigle et Bauerle ont finalement réussi à trouver la formule magique pour établir le mythique rapport de force entre le mouvement étudiant et les gouvernements, il faut les inviter à nous en faire part dès maintenant ! C’est parce que j’ai une petite liste d’épicerie à leur soumettre, dans un tel cas…

Élections

L’avenir des relations AED-CADEUL se jouera davantage selon qui succèdera à MM. Daigle et Bauerle plutôt que du résultat de la consultation qui se prépare. Espérons que leurs successeurs sauront prendre activement part aux débats en ce qui concerne, par exemple, l’épicerie-école, la course au rectorat, la création de nouveaux services cadeuliens ou d’autre enjeux qui touchent directement les étudiant-e-s du campus.

La plateforme-bilan du PLQ ou s’unir pour continuer

La plateforme-bilan (il convient de l’appeler ainsi) du Parti libéral du Québec (PLQ), intitulée « S’unir pour réussir le Québec (sic) de demain » en est résolument une de continuité. Certains diront qu’après la montagne de mauvaise presse accumulée depuis 2003, le parti de Jean Charest prend un pari douteux. En rédigeant cette plateforme-bilan les libéraux avaient sans nul doute espoir que les Québécois feraient une lecture positive du bilan libéral.

La plateforme-bilan du PLQ pose comme prémisse l’importance de « bien gérer votre argent ». Dans son second mandat, le PLQ entend donc continuer à limiter l’augmentation des dépenses de l’État et alléger le fardeau fiscal des contribuables. Ironiquement, la promesse de 2003 du PLQ était de réduire les impôts de 27% afin « de rejoindre la moyenne canadienne » alors qu’il leur faudra un second mandat, nous dit-on, pour rejoindre cette moyenne.

Pour le PLQ, la santé est « toujours la première priorité (sic) des Québécois ». La tendance d’avant 2003 où tout allait de pis en pis à cause des erreurs du gouvernement précédent serait renversée et il faut continuer dans la même direction, disent les libéraux. L’augmentation du nombre de médecins permettra de réduire les délais d’attente et de consolider les services de première ligne. On misera également sur la prévention en incitant les jeunes à mieux manger et à bouger plus à l’école.

En éducation, le PLQ s’attaque au décrochage scolaire en augmentant le soutien aux jeunes tout en facilitant le raccrochage des adultes. De plus, l’équipe libérale veut garder les écoles ouvertes une heure de plus pour l’aide aux devoirs et pour des activités parascolaires. Finalement, fort de sa réalisation d’enseigner l’anglais à la première année, les libéraux veulent maintenant que les élèves maîtrisent l’anglais à la fin du secondaire; prélude, sans doute, à l’apprentissage d’une troisième langue.

Évidemment, ce qui retient surtout l’attention est la promesse d’augmenter de 100$ par an pour une année de 30 crédits les frais de scolarité. D’ici la fin du mandat, les étudiants auront contribué au total pour 250 M$ de plus et en 2011, nous payerons 100 M$ de plus en frais de scolarité. Pour pallier à cette hausse, le PLQ promet d’investir 5 millions de $ par année dans les prêts et bourses, même si une étude de l’AFE révélait qu’il manquait en ce moment 120 M$ pour assurer une accessibilité complète. Le PLQ promet toutefois d’augmenter le financement du réseau post-secondaire de 1 MM$ par année, soit 600M$ pour les universités.

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Plusieurs engagements ont également été formulés concernant la création de la richesse. Puisqu’il est évidemment impossible de réaliser toutes ces belles promesses si l’économie ne roule pas, les libéraux veulent doter le Québec d’une stratégie de l’innovation et de la recherche. On veut également faire de l’hydro-électricité et de l’éolien une source de revenus intéressant. « L’Alberta a son pétrole, le Québec a son énergie propre », se plaît souvent à répéter Jean Charest.

Cela nous amène à l’environnement. Le PLQ s’enorgueillit de son Plan Vert, qui a provoqué des applaudissements de nombreux écologistes et qui, selon les libéraux, permettra d’atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto au Québec d’ici 2012. Fait intéressant pour les étudiants, on promet d’augmenter le financement dédié au transport en commun de 650 M$.

Finalement, au chapitre du fédéralisme, le Parti libéral entend continuer son travail de « leader au sein de la fédération » en misant sur le Conseil de la fédération afin « d’assainir les relations fiscales au Canada ». On souhaite également que le Québec soit associé au processus de sélection des juges de la Cour suprême. On veut ensuite renforcer la présence du Québec en soutenant les communautés francophones du Canada. Il est à noter qu’aucune revendication constitutionnelle n’est à l’ordre du jour.

Cette plateforme-bilan est donc un programme à l’image de la campagne actuelle du PLQ : sans fanfares ni trompettes, les libéraux veulent continuer à bien gouverner. Les engagements du PLQ se chiffrent à 4,5 milliards de $ et on assure que le déficit zéro sera maintenu tout au long du mandat… En bout de ligne le PLQ demandent aux Québécois s’ils ont aimé le premier film et s’ils veulent y voir une suite. À suivre.

(Vous pouvez consulter le programme électoral du PLQ à l’adresse www.plq.org)

MG

1 comment Dimanche, 18 mars 2007

Minoritaire péquiste

Si la tendance se maintient, André Boisclair pourrait bien diriger un gouvernement minoritaire dès le 27 mars. C’est du moins ce que laisse entendre un sondage Léger Marketing [Erratum : Strategic Council-Globe and Mail-CTV].


Un gouvernement minoritaire péquiste répondrait aux deux préoccupations que j’ai eu durant la campagne : le financement de l’éducation post-secondaire et le maintien de son accessibilité par le gel des frais de scolarités seraient assurés par le PQ et le maintien du lien fédéral avec le Canada serait assuré par la majorité que constitueraient l’opposition libérale et adéquiste. Toutefois, on perdrait le leadership qu’a exercé le PLQ depuis 2003 via le Conseil de la fédération.

3 comments Samedi, 17 mars 2007

Des professions pour les riches

«Notre suggestion est de permettre aux universités de moduler les frais parce que le coût de formation d’un étudiant en littérature n’est pas le même que celui d’un étudiant en médecine. À l’intérieur de certains barèmes, on pensait que ça aurait pû être raisonnable et juste d’avoir une certaine modulation en fonction des disciplines»

Donc, si je comprends bien, seulement ceux qui sont plus riches pourraient poursuivre des études en médecine ou en génie et la littérature restera aux pauvres… et encore, après avoir doublé les frais de scolarités.

Je vais vous faire un aveu : je songe sérieusement à voter PQ… Je suis membre du PLQ depuis 2002 et ma carte sera à échéance en 2008… Je n’y aurais jamais cru, mais j’ai envie de punir le PLQ pour sa promesse irresponsable. Oui, des jeunes ne voteront pas PLQ à cause de leur position.

15 comments Vendredi, 2 mars 2007

Voter libéral et manifester

Vraiment, je suis désespéré à ce point. Un étudiant qui vote libéral le 26 mars se fait fourrer. Tout simplement

Et ils ont tout à fait raison. Et je vois déjà les tits namis adéquistes ricaner : votre position est encore pire, Mario Dumont est trop frileux pour chiffrer quoique ce soit…

Et le PQ ? Je n’y pense pas, ils veulent un référendum…

2 comments Jeudi, 1 mars 2007

Boisclair fait de l’éducation sa priorité

Cool ! Mieux vaut tard que jamais. Après avoir foutu la m**** dans le système de santé, André Boisclair s’attaque au système d’éducation. Peut-être serait-ce intéressant, juste pour mettre les choses en perspective, de donner deux chiffres : 600 millions et 660 millions.

Le premier chiffre, c’est les investissements du PQ en éducation entre 1994 et 2003. Le second, c’est les investissements du gouvernement du Parti libéral pour l’année 2006-2007.

Mieux vaut tard que jamais… pour tenter de se faire une crédibilité.

Add comment Mardi, 20 février 2007

Le PLQ, méchant parti de droite néolibérale ?

Le gouvernement du PLQ, malgré son intention de dégeler les frais de scolarité, peut se targuer d’avoir pris bien des positions réfletant un certain courant social-démocrate.

  • Réinvestissement massifs en santé;
  • Gratuité des médicaments pour les aînés (ou plutôt, rétablissement de la gratuité, le PQ l’avait retiré);
  • Révision de la Loi sur la protection de la jeunesse;
  • Réinvestissements 4 fois plus importants en éducation en 4 ans que le PQ en 9 ans;
  • 1800 nouveaux professionnels pour les enfants en difficultés dans les écoles;
  • 35 000 nouvelles places en garderies;
  • Congé parental bonifié grâce au règlement du litige en Ottawa et Québec;
  • L’accord de Kyoto sera atteint;
  • Une nouvelle Baie James est en branle depuis les annonces sur l’éolien et sur les grands chantiers hydro-électriques;
  • Règlement de l’équité salariale;
  • L’aide sociale coûte moins cher : le taux de chômage recule;
  • Et mon grand dada : le Fonds des générations, qui permettera de financer la réduction de la dette.

Et ce n’est qu’un aperçu rapide.

4 comments Dimanche, 18 février 2007

101e message : une position qui me met mal à l’aise

J’étais aujourd’hui à l’Assemblée générale spéciale de la Confédération des associations étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), où j’ai voté fièrement pour un gel des frais de scolarités, afférents, technologique et de toute autre nature.

Au même moment, le PLQ présentait sa plateforme cadre qui prévoit une hausse de 500$ durant son mandat, ce qui représente 100 millions de $ de plus, une hausse de plus de plus de 40% des frais de scolarités. Ça m’a fait pensé à un député libéral qui, un jour, m’avait dit qu’une indexation des frais de scolarités à l’indice des prix à la consommation était déraisonnable.

Vous savez, 50$ par session, c’est pas si dramatique, quand on regarde ça de même. Mais lorsqu’on prend en compte que les étudiants n’ont jamais connu de véritable gel depuis 1994 (à l’UL, les frais afférents ont augmenté de 300%), lorsqu’on prend en compte le fait que le revenu moyen des étudiants a diminué depuis 1994, tant en dollars courants qu’en dollars constants, lorsqu’on sait que l’impôt est un moyen de redistribution de la richesse beaucoup plus efficace et juste que les frais de scolarités, lorsqu’on sait qu’un ajustement des prêts et bourses (on ne parle même pas de réforme !) n’aura que comme conséquence d’endetter davantage les étudiants, bref, tout ça pris en compte, le dégel est irresponsable.

11 comments Samedi, 17 février 2007

La CSN et l’unanimité québécoise

La CSN nous dit que : “les Québécois ne veulent pas des politiques néolibérales de l’ADQ”. (lien)

Je suis d’accord pour dire que JE ne veux pas des politiques effectivement néolibérales de l’ADQ (je suis déjà assez mal à l’aise avec les politiques parfois trop à droite du PLQ, mais au moins, ils ont la vision la plus centriste).

Je crois également que la CSN ne veut pas des politiques néolibérales de l’ADQ. Et je veux bien croire que la majorité des Québécois, comme le démontre les intentions de vote, ne veulent pas d’un gouvernement adéquiste.

Mais le but de mon propos n’est pas de m’en prendre à l’ADQ. J’en ai plutôt contre cette formule qui sert si souvent d’argument tranchant.

“Les Canadiens ne veulent pas de ça”. “Les trifluviens n’adhèrent pas à cette vision”. “Ces politiques ne vont pas dans le sens des intérêts du Québec.”

Ce ne sont pas des arguments. Ce sont des affirmations, gratuites, sans fondements solides qui ne servent qu’à conforter une majorité bien pensante qui se complait dans une fausse unanimité.

Au lieu de dire que “les Québécois ne veulent pas des politiques néolibérales de l’ADQ, peut-être serait-il mieux de dire POURQUOI les “Québécois ne devraient pas vouloir des politiques néolibérales de l’ADQ.” Et surtout ne pas parler pour une majorité. Il reste, Mme Carbonneau, que l’ADQ compte quelques milliers de membres de partout au Québec (dont certains sont d’assidus lecteurs de mon blogue) en plus d’avoir un noyau dur d’électeurs qui varient entre 15 et 21%, si on en croit les sondages.

Par mon propos, j’aimerais sensibiliser essentiellement les politiciens et les leaders socio-économiques dans leurs façons de créer de fausses unanimité.

Ah oui, dernière chose : j’aime tellement lorsque les centrales syndicales croient d’une façon si arrogante qu’elles sont capables de faire la pluie et le beau temps. Je suis en faveur du syndicalisme, mais pour l’intérêt des travailleuses et des travailleurs, pas pour ces petits carriéristes gérants d’estrade qui nous servent de chefs syndicaux.

Grrr, faîtes attention à votre formulation !

6 comments Lundi, 1 janvier 2007


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