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Désinformation conservatrice : Audi alteram partem

2 comments Mardi, 20 février 2007

Les conservateurs et l’environnement

Les objectifs sont irréalistes ?, disent les conservateurs

Qu’attendent les conservateurs pour établir une bourse du carbone ? Évidemment qu’il est impossible pour le Canada, même sous un gouvernement libéral, d’atteindre les objectifs de Kyoto d’ici 2012, maintenant que les conservateurs sont là pour encore au moins 6 mois. Sauf que nous aurions déjà fait un grand pas en avant si nous établissions une bourse du carbone qui permetterait de vendre sur un marché mondial les droits d’émissions de polluer. Le PLC affirme d’ailleurs que des documents internes du gouvernement fédéral révèleraient que si les Conservateurs n’avaient pas sabrés dans tous les programmes destinés à l’environnement (près de 4 milliards depuis 2000, en plus de multiples autres initiatives tels ÉnerGuide), le gouvernement aurait atteint 80% de ses engagements en 2010… (voir source)

Davantage d’infos ? Allez voir sur Radio-Canada.ca et sur Wikipédia.

Les conservateurs ont été irresponsables et la venue d’élections le font prendre un douteux virage vert. Ils n’ont, jusqu’à présent, que rattrapé ce qu’ils ont démolis.

6 comments Mardi, 6 février 2007

Harper, vert ?

Ces informations sont tirés du site du Parti libéral du Canada :


Stephen Harper nie l’existence des changements climatiques. Mais vous n’avez pas à nous croire sur parole. Lisez plutôt ce qui suit.

« En tant que politique économique, le Protocole de Kyoto est un désastre. En tant que politique environnementale, c’est une arnaque. »
(Stephen Harper, discours prononcé au dîner du chef à Ottawa, le 20 novembre 2002)

« Non, honnêtement, je n’appuie pas la ratification du Protocole de Kyoto ni sa mise en œuvre. »
(Stephen Harper, CTV News, le 6 septembre 2002)

« [Le Protocole de Kyoto] est conçu pour s’attaquer au soi-disant problème des “gaz à effet de serre”, c’est-à-dire l’hypothèse voulant que l’augmentation de la concentration de certains gaz, pas nécessairement polluants, contribue à long terme à un possible réchauffement de la planète. »
(Stephen Harper, discours prononcé au dîner du chef à Ottawa, le 20 novembre 2002)

« Ce Protocole a un impact néfaste sur toutes les régions de notre pays. Donc plutôt que de parler de séparation, il est important de créer une coalition, d’un bout à l’autre du pays, pour faire échec au Protocole de Kyoto. »
(Stephen Harper, Report Newsmagazine, le 16 décembre 2002)

« Ce n’est que le commencement du plus gros “siphonnage” de l’histoire canadienne. »
(Stephen Harper, The National Post, le 13 août 2003)

« Nous croyons que l’entente en soi (le Protocole de Kyoto) n’est qu’une simple supercherie. »
(Transcription d’une entrevue donnée par Stephen Harper au Rafe Mair Show, sur les ondes de CKNW Radio, à Vancouver, le 29 novembre 2002)

« […] [Le Protocole de Kyoto] ne présente aucun avantage environnemental de quelque nature que ce soit. »
(Transcription d’une entrevue donnée par Stephen Harper au Rafe Mair Show, sur les ondes de CKNW Radio, à Vancouver, le 29 novembre 2002)

« Le dioxyde de carbone est un gaz présent naturellement dans l’air et vital pour les cycles de vie sur notre planète. Le smog est une question tout à fait différente qui n’est pas couverte par ce traité. »
(Transcription d’une entrevue donnée par Stephen Harper au Rafe Mair Show, sur les ondes de CKNW Radio, à Vancouver, le 29 novembre 2002)

« Le Protocole de Kyoto ne traite pas des questions environnementales essentielles. »
(Stephen Harper, discours concernant le Protocole de Kyoto, le 9 décembre 2002)

« La mise en œuvre [du Protocole] par le Canada ne mènera pas à une réduction des émissions mondiales de CO2. En fait, le transfert de richesse, d’emplois et d’émissions aux pays qui ne se sont pas fixé d’objectifs garantit pour ainsi dire que les émissions de dioxyde de carbone augmenteront avec le Protocole de Kyoto. »
(Stephen Harper, discours prononcé au dîner du chef à Ottawa, le 20 novembre 2002)

« Je ne crois pas que nous devrions envisager de signer une entente qui fait de notre pays pratiquement le seul au monde à prendre des mesures. »
(Stephen Harper, Toronto Star, le 5 septembre 2002)

« Le Protocole de Kyoto ne fait pratiquement rien pour juguler la pollution et améliorer la qualité de l’air que nous respirons. […] Oublions ce traité inapplicable. Ce Protocole ne sera jamais adopté. »
(Stephen Harper, Toronto Star, le 5 septembre 2002)

« Le dioxyde de carbone ne cause pas le smog et n’y contribue pas non plus. Et le Protocole de Kyoto ne ferait rien pour empêcher ou réduire la formation de smog. »
(Stephen Harper, Toronto Star, le 10 juin 2004)

« [Le Protocole de Kyoto] est un complot socialiste visant à siphonner de l’argent aux pays producteurs de richesse. Il repose sur des données scientifiques approximatives et contradictoires sur l’évolution des climats. »
(Stephen Harper, lettre de collecte de fonds de l’Alliance canadienne, automne 2002)

« Le dioxyde de carbone n’est pas un polluant. »
(Stephen Harper, débats du 11 octobre 2002)

« [Le réchauffement planétaire] est une hypothèse scientifique, et elle est controversée […] »
(Stephen Harper, Toronto Star, le 5 septembre 2002)

« C’est peut-être très amusant pour quelques élites scientifiques et écologistes d’Ottawa. Mais les simples citoyens, d’un bout à l’autre du pays, n’endureront pas ce que cela fera à leur économie et à leur style de vie […] »
(Stephen Harper, Toronto Star, le 5 septembre 2002)

« On peut débattre la question de savoir si le CO2 contribue ou non au réchauffement planétaire. Moi, je pense qu’on ne peut pas encore se prononcer. »
(Stephen Harper lors d’un entretien accordé au Rafe Mair Show, diffusé par CKNW Radio, à Vancouver, le 29 novembre 2002)

« La position de mon parti sur le Protocole de Kyoto est claire depuis longtemps. Nous nous opposerons à la ratification du Protocole de Kyoto et à ses objectifs. Nous collaborerons avec les provinces et d’autres intervenants pour décourager l’application de ces objectifs. Et nous abrogerons ces objectifs lorsque nous en aurons la chance. »
(Stephen Harper, Ottawa Citizen, le 22 novembre 2002)

« Réaffecter les crédits fédéraux destinés à l’application des modalités du Protocole de Kyoto, qui se révèle de plus en plus inadapté. »
(Stephen Harper, Ottawa Citizen, le 8 juin 2005)

« Nous nous préparons en vue de mener la plus grande bataille jamais livrée par notre parti depuis que vous m’en avez confié la direction. Je parle de la bataille contre le Protocole de Kyoto, notre campagne visant à faire échec à ce traité qui détruit l’économie et fait perdre des emplois. »
(Stephen Harper, lettre de collecte de fonds de l’Alliance canadienne, automne 2002)

« Comme les conséquences s’étendront à d’autres secteurs, les travailleurs et les consommateurs de tout le pays y perdront. AU CANADA, PERSONNE NE GAGNERA AVEC LE PROTOCOLE DE KYOTO. »
(Stephen Harper, lettre de collecte de fonds de l’Alliance canadienne, automne 2002)

Et une dernière, tiré du Soleil de lundi dernier “L’important n’est pas de croire aux changements climatiques, c’est d’agir”. Non seulement il n’y croit pas, mais il ne fait que réparer ce qu’il a détruit.

Add comment Jeudi, 1 février 2007

Campagne de salissage

D’entrée de jeu, oui, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté d’une façon importante sous les libéraux et de nombreuses mesures auraient du être prises, ce qui n’a pas été le cas. Tout cela, j’en conviens. Les libéraux n’ont pas le bilan environnemental qui est à la hauteur de ce qu’on aurait du attendre d’eux. Mais à défaut d’avoir ce bilan, ils ont la volonté ferme de réconcilier environnement, justice social et économie. Les conservateurs n’ont ni le bilan, ni la volonté de faire changer les choses.

La campagne de sallisage des conservateurs et de Stephen Harper à l’endroit du chef libéral Stéphane Dion ne fait que dénoter que, premièrement, les conservateurs aiment beaucoup s’inspirer de ce qui se fait en politique américaine par les républicains. Après le rejet de Kyoto, les lois pénales plus répressives, la pseudo-réforme du sénat à l’américaine, la politique étrangère inféodée à celle de Bush, on se lance dans la publicité négative.

Dion n’est pas un leader ? Peut-être que les conservateurs ont raison. Dion a seulement réussi à bloquer l’argumentaire indépendantiste en offrant, depuis 1996, un répartie solide et articulée. Il a seulement réussi à mettre sur pied le plan Dion pour assurer l’avenir des minorités francophones hors-Québec, il a seulement réussi à rallier tout le monde lors de la conférence de Montréal sur les changements climatiques, alors que tous prévoyaient un échec (on s’entend que Ambrose a réussi elle aussi à faire l’unanimité… contre elle) et finalement, il a seulement réussi à faire croître ses appuis d’une façon exceptionnelle durant la course au PLC. Seulement ? Voyons donc…

Par leurs publicités négatives, les conservateurs ne font que dénoter qu’ils ne savent pas où ils s’en vont. Ils se couvrent de priorités jambonnes (comme, la réduction de la TPS, qui ne change rien aux problèmes de redistribution de la richesse) et les utilisent pour savoir où ils s’en vont.

Mais les conservateurs savent où ils s’en vont : vers l’espoir d’un gouvernement majoritaire pour qu’enfin, ils puissent appliquer leur programme de droite néo-conservatrice.

Stephen Harper is not a leader. Il n’a su, jusqu’à présent, que diviser les CanadienNEs entre eux/elles.

Add comment Lundi, 29 janvier 2007

Monsieur clarté

Avez-vous déjà entendu parler de la Loi canadienne sur la clarté référendaire, entrée en vigueur en 2000, paraîné par l’ex-ministre des relations intergouvernementales et maintenant chef du Parti libéral du Canada afin de lutter contre le mouvement indépendantiste québécois ?

De nombreuses choses se sont dites sur cette loi : odieuse, anti-démocratique, anti-québécoise, colonisatrice, etc. Pour beaucoup de Québécois, elle représente tout l’héritage maléfique et agorant qu’a laissé Stéphane Dion. Encore aujourd’hui, de nombreux Québécois demandent rien de moins que son abrogation. Et pourtant, à sa lecture, on peut voir à quel point elle reste essentielle. (Elle est disponible sur ce lien)

Dans son Renvoi sur la sécession du Québec, la Cour suprême a dit que rien ne prévoyait l’éventualité de la sécession du Québec mais que celle-ci, pour être légale au sens de la loi canadienne, nécessitait un changement constitutionnel. Ainsi, une province qui voudrait faire sécession dans un cadre légal devrait nécessairement, selon le Canada, négocier les conditions de la sécession. Mais ne négocie pas qui veut.

Pour cela, le gouvernement de la province sécessionniste doit obtenir un mandat clair par voie de référendum dont l’issue doit elle aussi être clair.

Un mandat clair
La bonne question à se poser n’est pas “qu’est-ce qui est clair ?” mais “qui décide ce qui est clair”. La loi prévoit que toute question référendaire devra être approuvé par la Chambre des communes, puisque celle-ci représente tous les Canadiens. Deux exemples de ce qui n’est pas clair sont proposés.

  1. Demande essentiellement un mandat simple de négociation sans dire à sa population sans détour que suite à ces rondes, elle ne sera plus une province du Canada. (art. 1. (4) a)) Cet article sous-entend clairement la question du référendum de 1980.
  2. Le deuxième exemple dit qu’une loi qui offre, en plus de la sécession, d’autres possibilités comme un accord politique ou économique est réputé ne pas être claire; après tout, il est du ressort d’un pays indépendant de conclure des ententes. Ici, on vise, en plus de la question de 1980 (souveraineté-association) la question de 1995 (souveraineté partenariat).
Il est prévu également que la Chambre des communes devra tenir compte de l’avis de tout le monde lorsqu’elle se penchera sur la question… normal.

Majorité claire
Le préambule de la loi nous dit que “la démocratie signifie davantage que la simple règle de la majorité.” Toutefois, on évalue la clarté de la majorité APRÈS le référendum. Ainsi, la Chambre des communes devra évaluer si la majorité obtenue dans le cadre d’un référendum en tenant compte de l’importance de la majorité (genre, est-ce que le référendum a été gagné par 10 000 ou par 100 000 voix ?), le taux de participation et “tout autres facteurs” pertinents.

Une loi qui sert tant les souverainistes que les fédéralistes
En 1995, le camp du OUI a perdu, mais personne n’est capable de dire que le camp du NON a véritablement gagné. En fait, tout ce qu’on savait après ce référendum, c’est que les Québécois n’avaient jamais été aussi divisés de leur histoire.

Maintenant, faisons un peu de politique fiction et inversons les résultats : le OUI gagne le référendum avec 50,6% des voix et le NON le perd avec 49,4%. Le NON a perdu. Est-ce que le OUI a gagné ? Le Québec est-il réellement, après cette soirée, sur la voie de sa sécession ? On ne crée pas un nouveau pays en démembrant un pays riche, envié, respecté et avec une immense tradition démocratique comme le Canada avec une marge si mince. Dans le fond, tant les fédéralistes gagneraient à ne pas perdre leur pays à cause du majorité purement circonstancielle (la fluctuation constante de l’appui à la cause séparatiste en témoigne), tant les souverainistes ne se planteront pas royalement à cause d’un manque d’adhésion de la moitié de la population à leur projet.

Imaginons maintenant que le OUI, en 1995 ait gagné avec 57% des voix. Je pense qu’objectivement, on peut dire qu’une important majorité de Québécois sont en faveur de la sécession. Le gouvernement fédéral, avec cette loi, serait dans l’obligation LÉGALE de négocier. Cette légalité dans le processus de séparation entraînerait automatiquement une légitimité et une reconnaissance internationale au nouveau pays du Québec.

Bref, le Canada est un des seuls pays au monde où la démarche de sécession est encadré, balisé et légalisé. Cela ne peut que servir la démocratie. Et tant pis pour ceux qui n’y croient pas, en cette démocratie !

Add comment Mercredi, 17 janvier 2007

Commentaires en retard sur Ambrose

Vous avez surement tous pris connaissance de la nouvelle affectation de la ministre conservatrice qu’on a aimé détester, Rona Ambrose. Elle a laissé (et surement avec un grand soupir de soulagement) son ministère de l’Environnement, qui aurait bien pu lui servir de cimetière politique. C’est l’ancien président du Conseil du Trésor, M. John Baird, qui l’a remplacé à l’environnement. Est-ce mieux ?

Peut-être faut-il avant rappeler que Rona Ambrose n’a pas échouer dans son parcours à l’environnement. Si sa position était si décriée, c’est parce qu’elle faisait tout simplement ce que le Premier ministre Harper lui a demandé de faire. Ainsi, le problème pour M. Harper n’était pas que Ambrose a complètement détruit les efforts que le Canada avait commencé à faire pour tenter de respecter le Protocole de Kyoto, mais bien qu’elle n’a pas réussi à vendre le rejet du protocole aux Canadiens.

M. Harper a donc décidé de mettre à la place de Mme. Ambrose un dur à cuire de la politique avec de gros bras qui saura (pense-t-il) remettre les libéraux de Stéphane Dion à leur place.

Oui, je sais que le bilan libéral en environnement n’est pas très réjouissant. Oui, je sais qu’en 2012, si on continue avec le plan Harper, nos émissions de GES auront augmenter de 50% par rapport à 1990. Mais je sais aussi qu’il est préférable d’élire un parti qui, malgré ses ratés du passé, a une volonté réelle d’agir pour réduire nos émissions de GES.

Les libéraux n’avaient pas les actions, certes, mais ils ont maintenant la volonté. Les conservateurs n’ont aucun des deux. Et ce ne sont surtout pas des gros bras politiques qui changeront la situation.

4 comments Mercredi, 10 janvier 2007


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