Demain dans le Verdict…
Dimanche, 18 mars 2007
Demain paraîtra une autre édition du journal étudiant Le Verdict, de la Faculté de droit de l’Université Laval. À titre de collaborateurs, je signe deux textes. Un premier qui dénonce le désir de mon association de tourner le dos à la Confédération étudiante de l’UL (CADEUL), l’autre qui dresse un survol rapide de ce que j’ai appelé la “plateforme-bilan” du PLQ.
Bonne lecture.
Désaffiliation de la CADEUL : un aveu d’échec
Une analyse virulente, vous l’excuserez
Le projet de l’exécutif de l’AED de se désaffilier de la Confédération des associations des étudiants de l’Université Laval (CADEUL) dénote un constat d’échec de la part du président de l’AED Charles Daigle et de son vice-président aux affaires externes, Nolan Bauerle. Incapables de faire passer leur message et leur agenda politique à la CADEUL, conséquence de leur absence totale de leadership, le président de l’AED et son collègue aux affaires externes en sont venus à jouer les messieurs babounes.
Ayant lamentablement échoué dans leurs relations avec la CADEUL, MM. Daigle et Bauerle désirent déchirer l’engagement datant de 1981 que l’AED, avec l’AESGUL (sciences et génie), a donné au mouvement étudiant sur le campus en fondant la CADEUL. Mais M. Daigle peut-il expliquer pourquoi la majorité des associations qui appuyaient l’indexation des frais de scolarité ont-elles été incapables de rallier la majorité des étudiants présents à l’Assemblée générale du 17 février ? Si « les gens de gauche » pro-gel ont réussi à faire passer leur option, est-ce un déni de démocratie, comme il le laisse entendre, ou plutôt la conséquence de l’immobilisme de l’AED et de ses nombreux alliés pro-indexation ?
L’AED de Charles Daigle tente clairement de se trouver par un honteux faux-fuyant un exutoire pour camoufler son immobilisme sur le campus. Ce n’est sûrement pas en dénonçant « les gens de gauche » et en menaçant de claquer la porte que l’AED se fera la porte-parole crédible « d’un mouvement de construction ».
Une proposition aux conséquences aussi absurdes qu’inutiles
Au lendemain d’une désaffiliation, les étudiant-e-s en droit ne devront pas s’attendre à voir la manne d’argent qu’ils envoient à la CADEUL aller dans les poches de l’AED. En effet, l’AED ne paie pas une cent à la CADEUL, ce qui ne les empêche pas de recevoir de nombreuses subventions, notamment pour l’initiation ou pour Avocats sans frontières.
La CADEUL se finance de deux façons. Premièrement, elle gère de nombreux services, tels le Pub universitaire ou le dépanneur du Desjardins, qui génèrent des revenus qui sont réinvestis dans d’autres services cadeuliens. La seconde source de financement est la cotisation non-obligatoire de 10 $ (dont une partie va à CHYZ et à Impact Campus)
Ainsi, tout étudiant-e peut se faire rembourser sa cotisation lors des deux premières semaines du semestre. Bon an, mal an, une quinzaine d’étudiant-e-s font ce choix, la plupart sans motivation politique, me confiait un officier de la CADEUL.
Ainsi, pour que l’AED puisse récupérer les fameux 10 000$, il faudrait que tous les étudiant-e-s en droit récupèrent leur cotisation et lui en fasse don. La prétention de l’AED concernant la possibilité pour une association étudiante de l’Université Laval de récupérer unilatéralement l’argent des cotisations versées la CADEUL est tout simplement fausse et sans fondement. D’ailleurs, si c’était si facile, comment expliquer que les étudiant-e-s de sciences politiques, désaffilié-e-s depuis plus d’un an, n’ont jamais réussi à récupérer leurs cotisations, même après des visites auprès du fonctionnaire chargé de l’application de la Loi sur le financement et l’accréditation des associations d’étudiants et d’élèves ?
Une désaffiliation n’aurait donc aucune conséquence financière pour qui que ce soit. Les étudiant-e-s en droit auraient toujours un représentant-e siégeant le Conseil d’administration de la CADEUL pour administrer l’argent qu’ils cotisent et auraient toujours droit de vote et de parole aux assemblées générales. Toutefois, l’AED perdrait son droit de vote au Caucus des associations, l’instance politique et décisionnelle intermédiaire de la CADEUL qui permet à l’AED de se faire représenter politiquement.
Au surplus, l’affirmation qui veut que l’AED puisse faire valoir elle-même ses positions politiques à l’extérieur du campus laisse sceptique. Si MM. Daigle et Bauerle ont finalement réussi à trouver la formule magique pour établir le mythique rapport de force entre le mouvement étudiant et les gouvernements, il faut les inviter à nous en faire part dès maintenant ! C’est parce que j’ai une petite liste d’épicerie à leur soumettre, dans un tel cas…
Élections
L’avenir des relations AED-CADEUL se jouera davantage selon qui succèdera à MM. Daigle et Bauerle plutôt que du résultat de la consultation qui se prépare. Espérons que leurs successeurs sauront prendre activement part aux débats en ce qui concerne, par exemple, l’épicerie-école, la course au rectorat, la création de nouveaux services cadeuliens ou d’autre enjeux qui touchent directement les étudiant-e-s du campus.
La plateforme-bilan du PLQ ou s’unir pour continuer
La plateforme-bilan (il convient de l’appeler ainsi) du Parti libéral du Québec (PLQ), intitulée « S’unir pour réussir le Québec (sic) de demain » en est résolument une de continuité. Certains diront qu’après la montagne de mauvaise presse accumulée depuis 2003, le parti de Jean Charest prend un pari douteux. En rédigeant cette plateforme-bilan les libéraux avaient sans nul doute espoir que les Québécois feraient une lecture positive du bilan libéral.
La plateforme-bilan du PLQ pose comme prémisse l’importance de « bien gérer votre argent ». Dans son second mandat, le PLQ entend donc continuer à limiter l’augmentation des dépenses de l’État et alléger le fardeau fiscal des contribuables. Ironiquement, la promesse de 2003 du PLQ était de réduire les impôts de 27% afin « de rejoindre la moyenne canadienne » alors qu’il leur faudra un second mandat, nous dit-on, pour rejoindre cette moyenne.
Pour le PLQ, la santé est « toujours la première priorité (sic) des Québécois ». La tendance d’avant 2003 où tout allait de pis en pis à cause des erreurs du gouvernement précédent serait renversée et il faut continuer dans la même direction, disent les libéraux. L’augmentation du nombre de médecins permettra de réduire les délais d’attente et de consolider les services de première ligne. On misera également sur la prévention en incitant les jeunes à mieux manger et à bouger plus à l’école.
En éducation, le PLQ s’attaque au décrochage scolaire en augmentant le soutien aux jeunes tout en facilitant le raccrochage des adultes. De plus, l’équipe libérale veut garder les écoles ouvertes une heure de plus pour l’aide aux devoirs et pour des activités parascolaires. Finalement, fort de sa réalisation d’enseigner l’anglais à la première année, les libéraux veulent maintenant que les élèves maîtrisent l’anglais à la fin du secondaire; prélude, sans doute, à l’apprentissage d’une troisième langue.
Évidemment, ce qui retient surtout l’attention est la promesse d’augmenter de 100$ par an pour une année de 30 crédits les frais de scolarité. D’ici la fin du mandat, les étudiants auront contribué au total pour 250 M$ de plus et en 2011, nous payerons 100 M$ de plus en frais de scolarité. Pour pallier à cette hausse, le PLQ promet d’investir 5 millions de $ par année dans les prêts et bourses, même si une étude de l’AFE révélait qu’il manquait en ce moment 120 M$ pour assurer une accessibilité complète. Le PLQ promet toutefois d’augmenter le financement du réseau post-secondaire de 1 MM$ par année, soit 600M$ pour les universités.
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Plusieurs engagements ont également été formulés concernant la création de la richesse. Puisqu’il est évidemment impossible de réaliser toutes ces belles promesses si l’économie ne roule pas, les libéraux veulent doter le Québec d’une stratégie de l’innovation et de la recherche. On veut également faire de l’hydro-électricité et de l’éolien une source de revenus intéressant. « L’Alberta a son pétrole, le Québec a son énergie propre », se plaît souvent à répéter Jean Charest.
Cela nous amène à l’environnement. Le PLQ s’enorgueillit de son Plan Vert, qui a provoqué des applaudissements de nombreux écologistes et qui, selon les libéraux, permettra d’atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto au Québec d’ici 2012. Fait intéressant pour les étudiants, on promet d’augmenter le financement dédié au transport en commun de 650 M$.
Finalement, au chapitre du fédéralisme, le Parti libéral entend continuer son travail de « leader au sein de la fédération » en misant sur le Conseil de la fédération afin « d’assainir les relations fiscales au Canada ». On souhaite également que le Québec soit associé au processus de sélection des juges de la Cour suprême. On veut ensuite renforcer la présence du Québec en soutenant les communautés francophones du Canada. Il est à noter qu’aucune revendication constitutionnelle n’est à l’ordre du jour.
Cette plateforme-bilan est donc un programme à l’image de la campagne actuelle du PLQ : sans fanfares ni trompettes, les libéraux veulent continuer à bien gouverner. Les engagements du PLQ se chiffrent à 4,5 milliards de $ et on assure que le déficit zéro sera maintenu tout au long du mandat… En bout de ligne le PLQ demandent aux Québécois s’ils ont aimé le premier film et s’ils veulent y voir une suite. À suivre.
(Vous pouvez consulter le programme électoral du PLQ à l’adresse www.plq.org)
MG
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1.
Tetoine | Dimanche, 18 mars 2007 at 5:07
L’AED qui se désaffilierait au moment où la présidence de la CADEUL sera occupée par une étudiante de droit !
Quel ironie !