Archive for 14 février 2007

Mario Le Pen ?

C’est pas moi qui le dit, c’est le candidat libéral dans Mont-Royal, Pierre Arcand. Ainsi, il fait remarqué qu’il était souverainiste en 95, comme Mike Harris en 2000 et comme Jean-Marie Le Pen, chef du parti d’extrême-droite français, le Front national, en 2007 par ses propos qui diviseraient la société québécoise.

Mais alors là, il est pas content Mario ! Bading-Badang, les avocats-gros-muscles sont prêts à foncer dans le tas ! Wow ! Ça joue dur, Mario ! Calme-toi, c’est pas comme si il disait que tu te sentais menacé ! C’est pas comme si tu disais qu’on courbe l’échine devant les minorités ! C’est pas comme si tu disais qu’il fallait renvoyer ceux qui veulent pas s’assimiler !

Je le comprends, le chef de l’Action démagogique, de ne pas vouloir que le scoop de l’heure, sa xénophobie en l’espèce, soit trop spinée dans les médias.

Vas-y, Mario, envoie tes avocats. De toute façon, c’est davantage une intimidation qu’une menace réelle.

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Sénat : Dion a raison de bloquer la loi

Les Conservateurs dénoncent le fait que les libéraux retardent la réforme du sénat proposée.

Et les libéraux ont raison ! Rappelons que le projet conservateur limitera la durée du mandat des sénateurs (8 ans), ce qui peut se défendre. Ce n’est pas tant cet aspect qui me dérange que plutôt l’apparente élection dont il feront dorénavant l’objet… Apparente, je dis bien, puisqu’en l’absence de modification constitutionnelle, rappelons que le Parlement canadien ne peut à lui seul changer le processus de nomination.

En gros, on ferait voter les CanadienNEs sur les sénateurs qu’ils voudraient. Le Premier ministre s’engagerait alors à nommer les sénateurs selon le résultat des élections sénatoriales. C’est ti-pas superbe, ça ?

En apparence, certes, on pense patcher un problème de représentativité démocratique. Le problème, toutefois, c’est que le manque de représentativité des sénateurs est davantage GÉOGRAPHIQUE et DÉMOGRAPHIQUE que démocratique. Je m’explique.

Au Québec, on a 24 sénateurs. Les Ontariens aussi. Les Néo-Écossais ainsi que les Néo-Brunswickois en ont 10. L’Alberta et la Colombie-Britannique n’en ont que 6. Un sénateur britanno-colombien représente plus de 600 000 électeurs, tandis que qu’un sénateur québécois en représente seulement 300 000. Un sénateur albertain représente 495 000 électeurs tandis qu’un sénateur terre-neuvien en représente 85 000.

Ah ben, changeons ça, dîtes-vous ? Ça serait une bonne idée, mais une réforme du Sénat demande que le projet soit adopté par 7 parlements provinciaux en plus du parlement fédéral. C’est pas demain la veille, malheureusement. Dans un tel cas, dirons-nous, entre deux maux, il faut choisir le moindre.

Le projet conservateur aurait ceci comme conséquence : il rendrait les sénateurs imputables devant les électeurs. En ce moment, les Sénateurs ne peuvent pas bloquer pendant plus qu’un an un projet de loi de la Chambre des communes. De plus, ils ne peuvent pas se prononcer sur aucune question financière puisqu’ils ne sont pas élus. En fait, le Sénat est davantage une chambre de sages qu’une chambre de politiciens.

Quelles seraient les conséquences sur le pouvoir des sénateurs suite à une politisation du Sénat ? Nul ne le sait, mais ce qui est sur, c’est que toutes les conventions constitionnelles qui limitent actuellement l’influence du sénat… Ceci aurait pour résultat que le Canada aurait une nouvelle chambre élue où des politiciens imputables pourraient exiger, de par leur nouvelle légitimité les pouvoirs des députés de la Chambre des Communes… mais sans aucune représentation effective. C’est un peu comme si la ville de Québec avait autant de députés que la ville de Montréal..

Ainsi, comment peut-on justifier que la Nouvelle-Écosse ait davantage de sénateurs que l’Alberta, à cause de circonstances historiques ?

Que préférons-nous : une chambre élue qui accroiterait le sentiment d’aliénation de l’Ouest puisque ceux-ci se retrouveraient encore plus sous-représentés dans une chambre qui pourrait dorénanvant prendre des décisions, ou de rester avec une assemblée de sages, aussi anachronique puissent-elles être ?

Rendons-nous à l’évidence : sans une réforme constitutionnelle, toute réforme législative est dangereuse pour le Canada. Et pendant ce temps, Harper se targue d’avoir rempli une nouvelle promesse (à moitié, convenons-en) qui serait désastreuse pour le Canada et la représentativité de ses régions, mais que le PLC réussit à bloquer. Le PLC doit en porter l’odieux, mais au moins, il fait ce qu’il a à faire.

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