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Le député de Trois-Rivières et le dégel
Voici les états d’âme du député libéral de la circonscription provinciale de Trois-Rivières, M. André Gabias.
Il est important, pour la population (étudiante ou autre) de connaître l’opinion de son député à l’Assemblée nationale sur une question politique discutée ou adoptée par son gouvernement.
Je trouve nécessaire et utile de vous livrer mon opinion sur une question importante pour l’avenir du Québec et de ses citoyens(nes) : « Comment gagner de la vitesse dans la course du savoir, gel ou dégel des frais de scolarité? »
Notre gouvernement avait pris l’engagement, lors de la campagne électorale de 2003, de maintenir durant son premier mandat le gel des frais de scolarité, engagement que nous avons tenu. Il faut dire que le gel des frais de scolarité s’est installé paisiblement dans la pensée des divers gouvernements élus depuis 1996.
Une tentative, maladroite diront certains, de modifier le programme de prêts et bourses en 2004 a sans aucun doute mis en lumière (1) le sous financement des établissements postsecondaires au Québec par rapport à ceux du reste du Canada et (2) la difficulté de corriger le tir sans risquer de fragiliser l’accès aux études postsecondaires pour tous(tes) au Québec.
Sur le plan gouvernemental, qu’en est-il de cette question?
Suite au rapport Gervais, déposé en 2005, le ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, monsieur Jean-Marc Fournier, a demandé à des experts de lui fournir des recommandations sur le financement de l’éducation pour le printemps prochain. Ainsi, la discussion sur la question du financement pour notre gouvernement n’est certainement pas complétée et une nouvelle politique à cet égard encore moins adoptée.
La gratuité scolaire (550 millions supplémentaires récurrents), proposée récemment par l’Institut de recherche et d’information socioéconomique, est, en regard de notre capacité de taxer davantage les citoyens, une proposition qui ne peut, selon moi, tenir la route. Par contre, la solution pour repositionner avantageusement les établissements d’enseignement postsecondaire au Québec par rapport au reste du Canada ne passe pas non plus par un simple dégel des frais de scolarité.
La récente annonce du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, monsieur Jean-Marc Fournier, quant au rehaussement du financement des établissements postsecondaires et la modification de son mode de partage, améliore sans aucun doute le positionnement de l’Université du Québec à Trois-Rivières (un montant additionnel de 6,5 millions récurrents pour l’UQTR).
Le député, qu’en pense-t-il ?
Notre gouvernement et le gouvernement canadien devront forcément investir davantage dans nos universités si le Québec et le Canada veulent demeurer dans la course du savoir et de la recherche à travers le monde.
Je suis également d’avis, compte tenu de l’état des finances publiques et de la capacité de payer des citoyens(nes) du Québec, qu’il puisse être nécessaire d’envisager d’augmenter raisonnablement la contribution des étudiants(es). Cette modification devra se faire en même temps qu’une participation accrue du gouvernement fédéral dans le financement des universités et d’une amélioration de celui-ci par notre gouvernement. Le résultat des discussions sur cette question avec le gouvernement du Canada sera sans aucun doute crucial à cet égard.
De plus, toute augmentation des frais de scolarité obligera une amélioration à notre régime de bourses destinées aux étudiants(es) universitaires dont la situation deviendrait précaire, évitant ainsi le risque que les études supérieures ne deviennent accessibles qu’aux personnes issues de milieux aisés.
Voilà les paramètres que j’entends défendre à titre de député de Trois-Rivières sur une question névralgique, tout autant pour l’avenir du Québec et de ses institutions postsecondaires que pour ses citoyens(nes) et étudiants(es).
André Gabias, député de Trois-Rivières
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Je dois avouer que son discours me plaît à une nuance près : il n’iniste pas assez, selon moi, sur l’importance qu’un dégel “raisonnable” (c’est la traduction que je fais de son communiqué) ne doit en aucun cas aggraver le contingentement économique de l’éducation post-secondaire. De plus, on ne saurait, M. Gabias, croire que l’accessibilité aux études puisse être améliorée si un dégel se répercute par une augmentation de l’endettement étudiant. En ce sens, une révision majeure de l’aide financière en serait une vaine si elle ne vise qu’à augmenter les prêts sans penser aux bourses. Il faut de plus déplafoner la contribution parentale. Ainsi, un jeune provenant d’une famille gagnant 50-60 000$ (ce n’est pas tant) ne peut espérer recevoir une Aide financière à ses études et ce, même si ses parents décident de ne pas l’aider.
Un débat se fera sur la question vendredi lors de l’Assemblée générale spéciale de la Confédération des associations étudiantes de l’Université Laval (CADEUL) ainsi que le lendemain lors du Conseil général du Parti libéral du Québec, à Québec.
À suivre.
5 comments Lundi, 12 février 2007
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