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1 comment Samedi, 31 mars 2007

Retour sur mon dernier billet

Oui, j’assume que le vote de lundi me fait peur. Oui, il y a cette montée de la droite au Québec, au Canada et dans le monde en général qui m’inquiète, mais encore plus que ça, le vote de lundi reflète l’image d’un Québec qui ne sait plus où il veut aller. Et c’est ce qui est paradoxal dans toute cette histoire-là, car, en même temps que de nombreuses personnes y voient une montée de la droite (car, ne nous le cachons pas, les adéquistes sont des gens plutôt conservateurs), en même temps, les électeurs ne l’étaient pas nécessairement. À tout le moins étaient-ils de solides chevaliers de la table-rase.

Mais là est l’interrogation : où va le Québec, aujourd’hui ? Ou du moins, où veut-il aller ? Il y a 7 millions de réponses à cette question et seulement trois vois et demi pour tenter de les fédérer (si, si, même le PQ) d’une façon boiteuse et sans vision claire. Car c’est cela qui ressort de cette élection : les Québécois sont divisés. Le projet souverainiste n’ayant jamais reçu l’appui d’une majorité forte et stable d’électeurs, nous retrouvons-nous sans projet de société ?

Je commence de plus en plus à considérer que 1980 a été la fin d’un temps où les Québécois se comprenaient. En 1960, nous avons connu la Révolution tranquille, avec ses grands chantiers, ses grands projets. De nombreux leaders, entrés depuis longtemps dans le panthéon de la mythologique québécoise, ont porté tour à tour de nombreux projets structurants.

Force est de constater qu’aujourd’hui, les grands projets portent le nom de CHUM ou de « retour vers le vrai monde ». La société québécoise ne semble plus avancer car elle ne fait plus confiance en ses leaders.

Vous verrez bientôt ça : les péquistes vont finir par tasser leur chef. Ils vont chercher vainement de trouver un sauveur en dissimulant le fait que les sauveurs, en politique, n’existent pas. Il n’y a que des hommes et des femmes qui travaillent fort, et je crois que M. Boisclair travaillait fort. Les libéraux, aussi, peut-être. Les adéquistes vont encore compter sur leur chef, mais peut-être que le « roi de la clip » verra lui aussi son étoile pâlir, lorsque les Québécois que le talentueux politicien n’est pas un Super Mario, mais bien un autre politicien bien habile.

M. Dumont devra démontrer maintenant si le titre de chef de l’opposition lui réussira.

Citation dumontiste du jour : « Pour nous, les priorités, c’est que ce ne soit pas exagéré au niveau des hausses [des frais de scolarité], que ce soit raisonnable; et surtout que les étudiants les plus pauvres soient compensés entièrement par des bourses. Pour le reste, on pense que c’est une chose fort raisonnable à faire que de dégeler les frais de scolarités ».

Euh… entièrement ? Étudiants, aurait-on un Dumont qui voudrait lutter contre l’endettement étudiant ? Ou est-ce plutôt un Chef de l’opposition officielle qui parle à travers son chapeau ?

1 comment Vendredi, 30 mars 2007

Abasourdis par l’ADQ…

Et voilà… Le Québec a voté pour un gouvernement minoritaire libéral, sacré Jean-Mario Le Dumont chef de l’opposition officielle et a donné la 3e place à André Boisclair.

Je suis sidéré par le succès adéquiste. Sans idées, sans équipe et sans envergure, le one-man show de Mario Dumont a porté ses fruits. C’est ridicule. Oh, Mario Dumont n’est pas si pire. Il a un discours plutôt soft lorsqu’on le compare à celui des réactionnaires de droite, MisterPi et David Chrétien les premiers, qui sont des militants adéquistes. Oh, je ne dis pas qu’ils sont porte-parole de l’ADQ. Ils constituent seulement un avertissement et rappelle avec quel type de personne l’ADQ carbure. Des gens qui pensent que des solutions simples peuvent répondre à des questions complexes. Des gens qui aiment davantage frappé sur les « BS » et les prisonniers « en vacance » plutôt que de s’interroger sur les causes de la pauvreté et de l’exclusion sociale. Des gens qui surfent sur une vision « autonomiste » qui ressemble étrangement à celle de Maurice Duplessis, mais en moins concrète.

Le Québec a viré à droite, aujourd’hui. Et c’est extrêmement préoccupant. Au moins, le PLQ formera toujours un gouvernement qui maintiendra les programmes sociaux et ne se laissera pas influencer. Je souhaite de tout cœur que M. Charest se colle sur le PQ plutôt que sur l’ADQ pour survivre et assurer l’intégrité du Québec.

Chers amis, j’ai vu, hier soir, des péquistes et des solidaires prier pour la réélection de députés libéraux contre des adéquistes. À chaque fois que je voyais des péquistes en avance sur des adéquistes, je sautais de joie.

Quelques citations d’amis post-sismique.

« Je n’aime pas la comparaison entre Mario Dumont et Adolf Hitler. Hitler avait des idéaux ». Un clin d’œil un peu macabre au vide sidéral qui caractérise l’ADQ par la présidente de l’Asso étudiante de Shawi.

« Bon, je crois que je vais songer à changer de pays » - Mon ami Jeff

« J’ai jamais eu aussi honte d’être Québécois »… Moi, sur le point de suivre mon ami Jeff.

« Même les libéraux ont peur »… tout le monde qui me voyaient hier soir.

Et une photo gribouillée par un anonyme sur un exemplaire du Nouvelliste hier à la Chasse-Galerie. Veuillez noter que je n’encense pas nécessairement ledit dessin.

21 comments Mercredi, 28 mars 2007

Révision

J’ai révisé mes prévisions en me demandant qui allait passer comté par comté.

Résultat ?

50 PLQ
49 PQ
25 ADQ

Vous aurez remarquer qu’il manque un comté. Il s’est perdu dans mon décompte et j’étais trop lâche pour le retrouver. Disons qu’il compte pour tous les comtés dont nous ne sommes pas surs. Je dois vous dire que j’ai hésité longtemps en ce qui a trait à tous les comtés de la Mauricie-Centre-du-Québec, ainsi qu’à St-Jean (ADQ), St-Hyacinthe (ADQ, Crémazie(PLQ), Laurier-Dorion (PQ), Iberville (ADQ), Marguerite-D’Youville (PQ), Chambly (ADQ), Trois-Rivières (ADQ), Maskinongé (PLQ), St-Maurice (PQ), Champlain (PQ), Roberval (PLQ) et bien d’autres.

Faits intéressants : la région de Chaudière-Appalaches, selon mes prévisions, sera totalement adéquiste. La région de la Mauricie-Centre-du-Québec aura 3 adéquistes, 3 péquistes et 2 libéraux. Le Saguenay restera inchangé. Québec sera adéquiste, sauf pour MM. Couillard (Jean-Talon) et Hamad (Louis-Hébert) et Mme Maltais (Tashereau) qui conserveront leur siège.

Mario Dumont sera réélu dans son fief de Rivière-du-Loup, ainsi que Jean Charest dans Sherbrooke. André Boisclair peut dormir tranquille dans Pointes-aux-Trembles.

À Laval, toujours selon mes prédictions, le PLQ conservera Chomedy, Mille-Îles et Fabre, mais devra concéder Vimont et Laval-des-Rapides au PQ. Sur la rive-sud de Montréal, le PQ prendra La Prairie et l’ADQ Chambly; le reste de la carte restera la même. Aucun changement prévu en Estrie. Dans les Laurentides, le PQ aura raison de l’ours nationaliste du PLQ dans le comté de Groulx et l’ADQ prendra Deux-Montagnes (!!! J’ai vraiment dit ça oO).

Finalement, aucun changement pour l’Outatouais (5 PLQ) et le l’Abitibi (4 PQ).

Bonne campagne électorale !!! On verra après si j’ai eu raison.

4 comments Lundi, 26 mars 2007

Polémique évitable

Il y a quelque chose de troublant dans ce nouvel épisode des accomodements raisonnables, lorsque le DGE a voulu permettre au femmes portant le niquab ou la burqua de pouvoir voter. En fait, le Québec semble avoir été victime de l’ignorance, du manque de jugement et de l’imprévoyance du DGE.

Selon ce que j’ai écouté des médias, des centaines de milliers de femmes portent le niquab ou la burqua et toutes sont habituées à dévoiler leur visage ponctuellement aussitôt qu’un commis de banque ou qu’un agent gouvernemental a besoin de vérifier leur identité. Pour ces femmes, donc, ce n’était absolument pas nécessaire d’obtenir le droit de voter sans se dévoiler. Se présenter au bureau de scrutin, voilée, comme c’est leur liberté de le faire, se dévoiler devant les préposés qui ont besoin de confirmer l’identité de l’électrice, se revoiler, voter et partir avec le sentiment d’avoir accompli son devoir de citoyenne : voilà, à mes yeux, ce qui auraient été normal pour ces femmes.

Or, comme le disait une représentante musulmane sur les ondes de Radio-Canada, porter le voile n’attire généralement pas la sympathie des gens, on en conviendra. Or, imaginez mainteant la pression que ces femmes auront à supporter, lundi, lorsqu’elles se rendront pour exercer leur droit de vote. Imaginez les regards assassins qui pourraient se poser sur elles. On a menacé de voter en Darth Vader pour faire un pied de nez au DGE. Elles, elles voulaient simplement voter, en toute quiétude.

Le DGE aurait du prendre connaissance des besoins de la communauté musulmane. On lui aurait simplement demander de laisser ces femmes se dévoiler une fraction de secondes le temps d’une vérification de l’identité et toute cette polémique aurait été évitée. Il ne l’a pas fait et le DGE devra répondre pour toutes ces femmes qui, craintives, laisseront les autres décider à leur place… en espérant qu’il n’y en ait pas.

1 comment Dimanche, 25 mars 2007

Bilan et prédictions

Tout au long de cette campagne électorale, qui s’achèvera lundi, j’aurais été déchiré entre mes convictions fédéralistes, qui m’amenaient à pencher pour le PLQ, de libéral-démocrate qui m’empêchait de voter pour l’ADQ et d’étudiant qui m’amenaient vers le PQ. Après bien des réflexions, voilà que j’ai arrêté mon choix. Le 26 mars, je vais voter pour le parti que j’ai toujours appuyé jusqu’ici, soit le Parti libéral du Québec. Mais je le fais sans aucune conviction pour ce qui est du programme, mais ce sera avec une grande sympathie que je voterai pour la députée sortante de Maskinongé, Francine Gaudet.

Cette campagne m’a toutefois fait souhaiter secrètement une défaite électorale des libéraux. Je n’ai toujours pas digéré leur position sur le dégel des frais de scolarités et leur récente promesse d’utiliser la marge de manœuvre dégagée grâce au budget fédéral pour baisser les impôts a confirmé mon écoeurement profond. Alors que la moitié de cet argent permettrait de régler le sous-financement de nos universités et cégeps, le PLQ a préféré tomber dans le clientélisme en allant courtiser les adéquistes. Dégoûtant.

Ensuite, voici ma prédiction. Je prédis que le 27 mars, après une longue veillée, nous aurons un gouvernement péquiste minoritaire. Le PQ obtiendra 52 sièges, le PLQ 45 et l’ADQ 28. Le comté de Maskinongé, malgré la forte poussée adéquiste, restera miraculeusement libéral. Trois-Rivières tombera adéquiste, St-Maurice restera péquiste ainsi que Nicolet-Yamaska. Toutefois, je me garde une petite gêne pour prédire le résultat dans Champlain… peut-être aura-t-on une égalité ? Laviolette ? Château fort libéral.

Bonne soirée électorale !

4 comments Samedi, 24 mars 2007

L’ironie bloquiste

J’écoutais tantôt à la Dissidence, les réactions du budget fédéral. On jasait en même temps quand soudain, le verdict du PLC et du NPD tombaient : ils allaient voter contre le budget. Dès ce moment, tous les yeux étaient rivés sur le Bloc québécois… allaient-ils l’appuyer ou pas ? Suspens… Oui. Ce n’était pas assez, mais suffisant.

C’est ironique car j’avais à mes côtés un collègue très impliqué dans la campagne péquiste qui souhaitait que le PQ dénonce “l’ingérence du fédéral dans la campagne électorale”. En gros, au lieu de présenter ça comme l’argent de tous les Québécois, il aurait voulu que le PQ qualifie le budget de dépense électorale non-comptabilisé.

Immédiatement, on voyait les conséquences d’une telle ligne : si M. Duceppe refusait, il se retrouvait en élections sans argent tout en laissant l’impression aux électeurs que les souverainistes ne seraient jamais satisfaits. S’il votait avec Harper, il aurait justifié la “dépense électorale injustifiée”.

André Boisclair et Duceppe ont toutefois été plus lucides : c’est bien, on le prends, mais il faut toujours attendre la souveraineté. Il reste qu’il est toutefois ironique de voir le parti de Duceppe appuyer un budget de droite comme celui de M. Harper, où l’argent va à la fois dans les armes et dans les provinces. On sait maintenant que le BQ sert à sauver la droite conservatrice.

Mais M. Duceppe ne voulait pas non plus précipiter une nouvelle campagne à Ottawa, alors qu’il pourrait bien être appelé en renfort très bientôt à Québec…

2 comments Mardi, 20 mars 2007

Masturbation juridique

Dans l’arrêt Lifchus, le juge écrit ceci à propos de la présomption d’innocence. Pour les poètes dans l’âme, la science juridique pourrait vous inspirer !
27 Premièrement, il faut indiquer clairement au jury que la norme de la preuve hors de tout doute raisonnable a une importance vitale puisqu’elle est inextricablement liée au principe fondamental de tous les procès pénaux: la présomption d’innocence. Ces deux concepts sont pour toujours intimement liés l’un à l’autre, comme Roméo et Juliette ou Oberon et Titania, et ils doivent être présentés comme formant un tout. Si la présomption d’innocence est le fil d’or de la justice pénale, alors la preuve hors de tout doute raisonnable en est le fil d’argent, et ces deux fils sont pour toujours entrelacés pour former la trame du droit pénal. Il faut rappeler aux jurés que le fardeau de prouver hors de tout doute raisonnable que l’accusé a commis le crime incombe à la poursuite tout au long du procès, et qu’il ne se déplace jamais sur les épaules de l’accusé.

Add comment Dimanche, 18 mars 2007

Demain dans le Verdict…

Demain paraîtra une autre édition du journal étudiant Le Verdict, de la Faculté de droit de l’Université Laval. À titre de collaborateurs, je signe deux textes. Un premier qui dénonce le désir de mon association de tourner le dos à la Confédération étudiante de l’UL (CADEUL), l’autre qui dresse un survol rapide de ce que j’ai appelé la “plateforme-bilan” du PLQ.

Bonne lecture.

Désaffiliation de la CADEUL : un aveu d’échec

Une analyse virulente, vous l’excuserez

Le projet de l’exécutif de l’AED de se désaffilier de la Confédération des associations des étudiants de l’Université Laval (CADEUL) dénote un constat d’échec de la part du président de l’AED Charles Daigle et de son vice-président aux affaires externes, Nolan Bauerle. Incapables de faire passer leur message et leur agenda politique à la CADEUL, conséquence de leur absence totale de leadership, le président de l’AED et son collègue aux affaires externes en sont venus à jouer les messieurs babounes.

Ayant lamentablement échoué dans leurs relations avec la CADEUL, MM. Daigle et Bauerle désirent déchirer l’engagement datant de 1981 que l’AED, avec l’AESGUL (sciences et génie), a donné au mouvement étudiant sur le campus en fondant la CADEUL. Mais M. Daigle peut-il expliquer pourquoi la majorité des associations qui appuyaient l’indexation des frais de scolarité ont-elles été incapables de rallier la majorité des étudiants présents à l’Assemblée générale du 17 février ? Si « les gens de gauche » pro-gel ont réussi à faire passer leur option, est-ce un déni de démocratie, comme il le laisse entendre, ou plutôt la conséquence de l’immobilisme de l’AED et de ses nombreux alliés pro-indexation ?

L’AED de Charles Daigle tente clairement de se trouver par un honteux faux-fuyant un exutoire pour camoufler son immobilisme sur le campus. Ce n’est sûrement pas en dénonçant « les gens de gauche » et en menaçant de claquer la porte que l’AED se fera la porte-parole crédible « d’un mouvement de construction ».

Une proposition aux conséquences aussi absurdes qu’inutiles

Au lendemain d’une désaffiliation, les étudiant-e-s en droit ne devront pas s’attendre à voir la manne d’argent qu’ils envoient à la CADEUL aller dans les poches de l’AED. En effet, l’AED ne paie pas une cent à la CADEUL, ce qui ne les empêche pas de recevoir de nombreuses subventions, notamment pour l’initiation ou pour Avocats sans frontières.

La CADEUL se finance de deux façons. Premièrement, elle gère de nombreux services, tels le Pub universitaire ou le dépanneur du Desjardins, qui génèrent des revenus qui sont réinvestis dans d’autres services cadeuliens. La seconde source de financement est la cotisation non-obligatoire de 10 $ (dont une partie va à CHYZ et à Impact Campus)

Ainsi, tout étudiant-e peut se faire rembourser sa cotisation lors des deux premières semaines du semestre. Bon an, mal an, une quinzaine d’étudiant-e-s font ce choix, la plupart sans motivation politique, me confiait un officier de la CADEUL.

Ainsi, pour que l’AED puisse récupérer les fameux 10 000$, il faudrait que tous les étudiant-e-s en droit récupèrent leur cotisation et lui en fasse don. La prétention de l’AED concernant la possibilité pour une association étudiante de l’Université Laval de récupérer unilatéralement l’argent des cotisations versées la CADEUL est tout simplement fausse et sans fondement. D’ailleurs, si c’était si facile, comment expliquer que les étudiant-e-s de sciences politiques, désaffilié-e-s depuis plus d’un an, n’ont jamais réussi à récupérer leurs cotisations, même après des visites auprès du fonctionnaire chargé de l’application de la Loi sur le financement et l’accréditation des associations d’étudiants et d’élèves ?

Une désaffiliation n’aurait donc aucune conséquence financière pour qui que ce soit. Les étudiant-e-s en droit auraient toujours un représentant-e siégeant le Conseil d’administration de la CADEUL pour administrer l’argent qu’ils cotisent et auraient toujours droit de vote et de parole aux assemblées générales. Toutefois, l’AED perdrait son droit de vote au Caucus des associations, l’instance politique et décisionnelle intermédiaire de la CADEUL qui permet à l’AED de se faire représenter politiquement.

Au surplus, l’affirmation qui veut que l’AED puisse faire valoir elle-même ses positions politiques à l’extérieur du campus laisse sceptique. Si MM. Daigle et Bauerle ont finalement réussi à trouver la formule magique pour établir le mythique rapport de force entre le mouvement étudiant et les gouvernements, il faut les inviter à nous en faire part dès maintenant ! C’est parce que j’ai une petite liste d’épicerie à leur soumettre, dans un tel cas…

Élections

L’avenir des relations AED-CADEUL se jouera davantage selon qui succèdera à MM. Daigle et Bauerle plutôt que du résultat de la consultation qui se prépare. Espérons que leurs successeurs sauront prendre activement part aux débats en ce qui concerne, par exemple, l’épicerie-école, la course au rectorat, la création de nouveaux services cadeuliens ou d’autre enjeux qui touchent directement les étudiant-e-s du campus.

La plateforme-bilan du PLQ ou s’unir pour continuer

La plateforme-bilan (il convient de l’appeler ainsi) du Parti libéral du Québec (PLQ), intitulée « S’unir pour réussir le Québec (sic) de demain » en est résolument une de continuité. Certains diront qu’après la montagne de mauvaise presse accumulée depuis 2003, le parti de Jean Charest prend un pari douteux. En rédigeant cette plateforme-bilan les libéraux avaient sans nul doute espoir que les Québécois feraient une lecture positive du bilan libéral.

La plateforme-bilan du PLQ pose comme prémisse l’importance de « bien gérer votre argent ». Dans son second mandat, le PLQ entend donc continuer à limiter l’augmentation des dépenses de l’État et alléger le fardeau fiscal des contribuables. Ironiquement, la promesse de 2003 du PLQ était de réduire les impôts de 27% afin « de rejoindre la moyenne canadienne » alors qu’il leur faudra un second mandat, nous dit-on, pour rejoindre cette moyenne.

Pour le PLQ, la santé est « toujours la première priorité (sic) des Québécois ». La tendance d’avant 2003 où tout allait de pis en pis à cause des erreurs du gouvernement précédent serait renversée et il faut continuer dans la même direction, disent les libéraux. L’augmentation du nombre de médecins permettra de réduire les délais d’attente et de consolider les services de première ligne. On misera également sur la prévention en incitant les jeunes à mieux manger et à bouger plus à l’école.

En éducation, le PLQ s’attaque au décrochage scolaire en augmentant le soutien aux jeunes tout en facilitant le raccrochage des adultes. De plus, l’équipe libérale veut garder les écoles ouvertes une heure de plus pour l’aide aux devoirs et pour des activités parascolaires. Finalement, fort de sa réalisation d’enseigner l’anglais à la première année, les libéraux veulent maintenant que les élèves maîtrisent l’anglais à la fin du secondaire; prélude, sans doute, à l’apprentissage d’une troisième langue.

Évidemment, ce qui retient surtout l’attention est la promesse d’augmenter de 100$ par an pour une année de 30 crédits les frais de scolarité. D’ici la fin du mandat, les étudiants auront contribué au total pour 250 M$ de plus et en 2011, nous payerons 100 M$ de plus en frais de scolarité. Pour pallier à cette hausse, le PLQ promet d’investir 5 millions de $ par année dans les prêts et bourses, même si une étude de l’AFE révélait qu’il manquait en ce moment 120 M$ pour assurer une accessibilité complète. Le PLQ promet toutefois d’augmenter le financement du réseau post-secondaire de 1 MM$ par année, soit 600M$ pour les universités.

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Plusieurs engagements ont également été formulés concernant la création de la richesse. Puisqu’il est évidemment impossible de réaliser toutes ces belles promesses si l’économie ne roule pas, les libéraux veulent doter le Québec d’une stratégie de l’innovation et de la recherche. On veut également faire de l’hydro-électricité et de l’éolien une source de revenus intéressant. « L’Alberta a son pétrole, le Québec a son énergie propre », se plaît souvent à répéter Jean Charest.

Cela nous amène à l’environnement. Le PLQ s’enorgueillit de son Plan Vert, qui a provoqué des applaudissements de nombreux écologistes et qui, selon les libéraux, permettra d’atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto au Québec d’ici 2012. Fait intéressant pour les étudiants, on promet d’augmenter le financement dédié au transport en commun de 650 M$.

Finalement, au chapitre du fédéralisme, le Parti libéral entend continuer son travail de « leader au sein de la fédération » en misant sur le Conseil de la fédération afin « d’assainir les relations fiscales au Canada ». On souhaite également que le Québec soit associé au processus de sélection des juges de la Cour suprême. On veut ensuite renforcer la présence du Québec en soutenant les communautés francophones du Canada. Il est à noter qu’aucune revendication constitutionnelle n’est à l’ordre du jour.

Cette plateforme-bilan est donc un programme à l’image de la campagne actuelle du PLQ : sans fanfares ni trompettes, les libéraux veulent continuer à bien gouverner. Les engagements du PLQ se chiffrent à 4,5 milliards de $ et on assure que le déficit zéro sera maintenu tout au long du mandat… En bout de ligne le PLQ demandent aux Québécois s’ils ont aimé le premier film et s’ils veulent y voir une suite. À suivre.

(Vous pouvez consulter le programme électoral du PLQ à l’adresse www.plq.org)

MG

1 comment Dimanche, 18 mars 2007

Minoritaire péquiste

Si la tendance se maintient, André Boisclair pourrait bien diriger un gouvernement minoritaire dès le 27 mars. C’est du moins ce que laisse entendre un sondage Léger Marketing [Erratum : Strategic Council-Globe and Mail-CTV].


Un gouvernement minoritaire péquiste répondrait aux deux préoccupations que j’ai eu durant la campagne : le financement de l’éducation post-secondaire et le maintien de son accessibilité par le gel des frais de scolarités seraient assurés par le PQ et le maintien du lien fédéral avec le Canada serait assuré par la majorité que constitueraient l’opposition libérale et adéquiste. Toutefois, on perdrait le leadership qu’a exercé le PLQ depuis 2003 via le Conseil de la fédération.

3 comments Samedi, 17 mars 2007


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